Earl Holt III, le suprémaciste blanc qui aimait les républicains

Earl Holt III, le suprémaciste blanc qui aimait les républicains

Trois candidats à l’investiture républicaine en vue de la présidentielle américaine de 2016 ont reçu des dons du chef d’un groupe suprémaciste blanc dont le site Internet a été cité par l’auteur présumé du massacre commis la semaine dernière à Charleston, révèle The Guardian.

Selon le grand quotidien britannique, Earl Holt III, président du Council of Conservative Citizens, a versé des contributions électorales de 8500 $ au sénateur du Texas Ted Cruz, 1750 $ au sénateur du Kentucky Rand Paul, et 1500 $ à l’ex-sénateur Rick Santorum.

Au total, Earl Holt III a donné 65 000 $ à de nombreux républicains ces dernières années, dont à l’ex-candidat républicain à la présidentielle de 2012, Mitt Romney, à l’une de ses adversaires, Michele Bachmann, ainsi qu’à d’autres sénateurs et représentants du parti.

Les sénateurs Cruz, Paul et Santorum se sont tous distanciés d’Earl Holt III et ont annoncé qu’ils donneraient cet argent à un fonds mis sur pied pour venir en aide aux familles des neuf victimes tuées la semaine dernière dans une église fréquentée par la communauté noire de Charleston.

L’auteur présumé de ce massacre, Dylann Roof, s’identifiait ouvertement comme suprémaciste blanc et n’hésitait pas à s’afficher avec un manteau sur lequel avaient été cousus des drapeaux des anciens régimes racistes d’Afrique du Sud et de Rhodésie (devenu le Zimbabwe).

En fin de semaine, un manifeste raciste qui aurait été écrit par Dylann Roof a fait surface. On peut y lire qu’il aurait été informé sur « les meurtres brutaux de Blancs par des Noirs » du site Internet du Council of Conservative Citizens.

Dans une déclaration faite sur Internet dimanche, Earl Holt III affirme qu’il n’est « pas surprenant » que Dylan Roof ait donné un tel crédit à son organisation, mais précise que celle-ci ne peut être tenue pour « responsable des actes de cet individu dérangé simplement parce qu’il a obtenu des informations exactes sur son site ».

Le Council of Conservative Citizens est considéré comme un groupe extrémiste et raciste par le Southern Poverty Law Center, qui traque de telles organisations. Selon le centre, le groupe de Earl Holt III considère les Noirs comme « une espèce rétrograde de l’humanité ».

Le site du Council dit défendre les « droits des Blancs », s’oppose à l’intégration et à la mixité raciale, et prône la fin de l’immigration.

La gouverneure de la Caroline du Sud, Nikki Haley, a appelé lundi après-midi au retrait du drapeau des confédérés de l’esplanade de la législature de l’État. Le drapeau, utilisé par les sudistes qui défendaient le maintien de l’esclavagisme lors de la guerre de Sécession (1861-1865), est considéré comme un symbole raciste par un grand nombre d’Américains.

Barack Obama dénonce le racisme rampant

Dans une entrevue enregistrée vendredi mais diffusée lundi dans le cadre de l’émission radiophonique WTF with Marc Maron, Barack Obama a évoqué en termes très directs les tensions raciales qui persistent aux États-Unis, allant même jusqu’à prononcer le mot « nègre », à forte connotation raciste, pour mieux appuyer ses propos.

Le premier président noir des États-Unis est revenu longuement sur le passé esclavagiste du pays et sur la ségrégation raciale qui a été abrogée il y a seulement un demi-siècle dans certains États du Sud.

« L’héritage de l’esclavage, des [lois de ségrégation raciale] Jim Crow, de la discrimination dans presque tous les compartiments de nos vies, cela a un eu impact durable et cela fait toujours partie de notre ADN », a-t-il expliqué. « Ce n’est pas seulement une question de discrimination patente. Les sociétés n’effacent pas complètement, du jour au lendemain, ce qui s’est passé 200 ou 300 ans plus tôt. »

« Il ne s’agit pas seulement de ne pas dire « nègre » en public parce que c’est impoli, ce n’est pas à cela que l’on mesure si le racisme existe toujours ou pas. » — Barack Obama, président des États-Unis

Le président Obama a néanmoins mis ses concitoyens en garde contre la tentation de réécrire l’histoire ou de minimiser les progrès accomplis, en soulignant que les relations raciales se sont sensiblement améliorées depuis 50 ans. « Les opportunités se sont développées, les attitudes ont changé. C’est un fait », a-t-il expliqué. « Ne dites pas que rien n’a changé. »

« Les progrès sont réels et sont une source d’espoir. Mais ce qui est également bien réel, c’est que la marche n’est pas terminée », a poursuivi le président, dans une référence à son discours prononcé début mars à Selma, petite ville de l’Alabama, considérée comme un symbole de la lutte non violente pour les droits civiques.

« Si nous arrivions à faire autant de progrès au cours des dix années à venir que nous en avons fait au cours des 50 dernières, les choses iraient beaucoup mieux », a conclu Barack Obama. « Et c’est faisable. C’est à notre portée. »

Par ailleurs, la Maison-Blanche a indiqué que le président Barack Obama rendra hommage au pasteur Clementa Pinckney, qu’il connaissait et qui figure parmi les neuf victimes afro-américaines tuées dans l’église de Charleston la semaine dernière. Les funérailles se dérouleront vendredi.

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