Centre Georges-Vézina : moins de buts sur la glace olympique

Centre Georges-Vézina : moins de buts sur la glace olympique

En septembre 2015, les Saguenéens de Chicoutimi seront la seule équipe junior au Canada qui dispute ses matchs locaux sur une patinoire de dimensions olympiques.

Inaugurée à l’automne 2002, la grande glace influence les performances et les statistiques des équipes de hockey juniors qui jouent au Centre Georges-Vézina.

Une patinoire de dimensions olympiques est quatre mètres plus larges qu’une patinoire standard.

Si les buts font partie intégrante du spectacle, les amateurs de hockey de Saguenay n’ont pas été choyés depuis la transition à la grande surface.

Source : Ligue de hockey junior majeur du Québec. Voyez ici le tableau sur les appareils mobiles.


Au cours des 13 dernières saisons, c’est à Saguenay qu’il s’est inscrit le moins de buts parmi tous les arénas où évoluait une franchise du circuit Courteau. Le tableau ci-haut exclu les franchises qui n’ont pas été actives pendant toute la période.

Ironiquement, c’est l’aréna Iamgold de Rouyn-Noranda, la plus petite patinoire de la ligue, qui trône au sommet du classement.

Comment expliquer ce phénomène? Selon des entraîneurs, les équipes adverses adoptent un style plus défensif au Centre Georges-Vézina.

« Maintenant avec l’arrivée du vidéo puis les entraîneurs qui sont tellement bons partout dans le monde, veut, veut pas, tu veux limiter les dégâts, tu veux donner l’extérieur et refuser le centre à tout prix et je pense que c’est ça le plus gros facteur. » — Yanick Jean, entraîneur et directeur général des Saguenéens

« Je pense que les équipes adverses, des fois, pensent trop à modifier leur plan de match à cause de la grande glace. Puis je pense que du côté du Centre Georges-Vézina, ça prend un certain talent pour s’épanouir et marquer ces buts-là. » — Patrice Bosch, ex-entraîneur des Saguenéens

Plusieurs amateurs de hockey estiment qu’une grande patinoire favorise automatiquement les joueurs plus talentueux.

Cette équation peut toutefois être trompeuse, selon certains joueurs vedettes du club.

David Desharnais est l’un des derniers joueurs des Saguenéens qui a profité de la grande patinoire du Centre Georges-Vézina pour gonfler ses statistiques personnelles, avec 374 points pendant sa carrière junior.

À cette époque, les Bleus pouvaient compter sur des joueurs qui faisaient bouger les cordages en avantage numérique, mais l’ancien capitaine admet que la grande patinoire peut fausser certaines données.

« Tu vas joueur ailleurs, la patinoire est plus petite, donc c’est bon pour les statistiques, mais en même temps, il faut que tu reviennes à la réalité quand tu t’en vas sur d’autres patinoires », affirme David Desharnais.

Même son de cloche pour Laurent Dauphin, le meilleur pointeur des Saguenéens cette saison. L’attaquant soutient que l’espace supplémentaire ne génère pas vraiment plus d’offensive ou de chances de marquer.

« Avec les côtés de bandes qui sont plus larges, dès fois tu peux te perdre. Tu as toujours l’espace libre d’aller là, mais en même temps, ce n’est pas vraiment mieux d’aller sur les côtés parce que t’es rendu très loin du but », explique Laurent Dauphin.

Depuis la saison 2002-2003, les Saguenéens n’ont jamais fait mieux qu’une troisième place au classement général de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ).

Durant cette période, ils n’ont eu aucune participation à la finale de la Coupe du Président.

Source : LHJMQ Cliquez ici pour voir le tableau sur les appareils mobiles


Dans une ère de systèmes de jeu plus défensifs où le talent est dilué, quelles sont les options pour améliorer le spectacle à Chicoutimi?

L’ex-entraîneur des Saguenéens, Patrice Bosch, estime qu’il faut vraiment fouiller pour connaître bien les joueurs. « Avoir des joueurs rapides, pas capables de jouer sur une petite glace, tu n’es pas plus avancé que si tu as des gros bonhommes qui ne sont pas capables de jouer à la maison, qui jouent seulement sur la route, dit-il. C’est très difficile, il n’y a pas de doute. »

Les Saguenéens font-ils les frais de la glace olympique? Rappelons que la rénovation du Centre Georges-Vézina au début des années 2000 était pilotée par la Ville de Saguenay et visait à développer le patinage de vitesse courte piste. À l’époque, le projet de 5,5 millions de dollars était financé par les trois paliers de gouvernement.

Les dirigeants des Saguenéens n’ont eu d’autre choix que de s’adapter, année après année.

« C’est certain que ce n’est pas un désir des équipes juniors. Les 30 patinoires de la LNH sont de la même grandeur. 95 % des glaces dans la LHJMQ, même dans la LCH, sont de la même grandeur. Donc, il n’y a pas nécessairement un vouloir d’être différent. Sauf que ceci étant dit, on s’organise avec, puis il faut bâtir un club pour être meilleur sur la grande patinoire », conclut l’entraîneur actuel des Saguenéens, Yanick Jean

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