Une famille rom déchirée par un ordre d’expulsion

Une famille rom déchirée par un ordre d’expulsion

Des enfants réfugiés, mais pas leurs parents : reportage de Normand Grondin

Une famille rom originaire de Hongrie et installée à Montréal depuis trois ans risque d’être séparée par un ordre d’expulsion qui pèse sur une partie de ses membres.

Anasztazia Szilagyi, Dezso Nemeth et leurs deux plus jeunes enfants doivent être expulsés du pays mercredi prochain après le rejet de leur demande de statut de réfugié par la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada.

Or, les deux enfants les plus âgés, Dezo junior et Patricia Nemeth, arrivés en 2012, soit un an après leurs parents, ont vu, eux, leur demande d’acceptée, même s’ils ont subi le même genre d’attaques de groupes d’extrême droite que leurs parents avant de quitter la Hongrie.

Pour Dafina Savic de l’organisme de défense des droits des Roms Romanipe, c’est une incohérence :

« Si un commissaire a jugé qu’une partie de la famille n’était pas en sécurité en Hongrie, alors pourquoi une autre partie de la famille doit être déportée et renvoyée dans les mêmes conditions jugées dangereuses? »

Selon Dafina Savic, la situation des Roms en Hongrie s’est beaucoup détériorée au cours des dernières années. Elle cite un rapport publié en 2014 par la Harvard School of Public Health qui fait état de la montée de groupes racistes et d’une augmentation de la fréquence des crimes haineux commis à l’encontre de cette minorité en Hongrie.

L’avocat de la famille, Me Éric Taillefer, est aussi d’avis que la situation a changé en Hongrie depuis que le gouvernement conservateur a choisi de mettre le pays sur sa liste des pays jugés « sûrs », dans l’espoir de diminuer le nombre de fausses demandes de statut de réfugié.

Me Taillefer estime que le gouvernement fédéral devrait réviser cette liste pour tenir compte du fait que le gouvernement hongrois ne semble plus en mesure d’assurer la sécurité de ses ressortissants d’origine rom.

Le chef du NPD et député d’Outremont, Thomas Mulcair, est intervenu dans le débat pour dénoncer la séparation imminente de la famille. Il demande au ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration d’intervenir pour suspendre l’ordre d’expulsion le temps de considérer la demande de résidence permanente de la famille pour motifs humanitaires.

Le dernier recours à la disposition de la famille Nemeth consiste à faire une demande de sursis en Cour fédérale à la veille de leur expulsion mardi prochain.

Une chronique d’Hugo Lavoie sur la famille Nemeth

QUELQUES CAS:

Sheila Sedinger Ayala

Cette mère de deux fillettes n’avait pas réussi à obtenir le statut de résidente permanente. Sa demande de parrainage a échoué en raison d’un ex-conjoint violent. La femme d’origine mexicaine devait être expulsée le 30 août 2014, mais Immigration Canada lui a finalement donné un sursis de deux ans.

La famille Buzas

La famille rom, établie à Montréal depuis trois ans, devait être expulsée le 3 juillet 2014. Elle a obtenu un sursis de la Cour fédérale de l’immigration. Les Buzas avaient demandé sans succès le statut de réfugié. La famille a par la suite soumis une demande de résidence permanente. Mais avant même qu’une décision ne soit rendue, ils ont appris qu’ils allaient être déportés.

La famille Mansaré

La famille guinéenne a obtenu en 2012 un sursis du ministre fédéral de l’Immigration, Jason Kenney. Ce dernier a utilisé son pouvoir discrétionnaire pour reporter l’expulsion. Kankou Keita Mansaré et ses cinq enfants avaient déjà évité par trois fois leur renvoi en Guinée. Ils vivent au Canada depuis 2007, mais leur demande de statut de réfugié a été refusée.

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