Ebola : un vétérinaire à la recherche des réservoirs de la maladie

Ebola : un vétérinaire à la recherche des réservoirs de la maladie

En entrevue à Radio-Canada, un vétérinaire français a raconté son expérience de recherche sur des animaux d’Afrique porteurs du virus Ebola dans les années 2000, des animaux considérés comme les réservoirs de la maladie.

En poste dans le Centre international de recherche à Franceville au Gabon, Pierre Rouquet s’est rendu dans plusieurs villages reculés à la recherche de ces porteurs du virus. Son travail consistait entre autres à prélever des échantillons sur des cadavres pour déterminer s’il s’agissait bien de l’Ebola.

Alors qu’il s’y trouvait, des épidémies se sont déclarées touchant les hommes. « Le premier cas, c’est un chasseur qui avait touché de la viande de chasse, principalement de grands primates, encore consommés en Afrique dans les zones forestières », explique M. Rouquet.

Le vétérinaire cite également le cas de « plusieurs jeunes qui ont tué un chimpanzé et tous ceux qui ont dépecé l’animal sont morts », précise-t-il.

La piste d’autres animaux en forêt profonde a aussi été explorée. Cela a mené à des traces de l’Ebola sur des chauves-souris frugivores. Ces mammifères ne meurent pas de la maladie, mais ils permettent au virus de se multiplier et se contaminent entre eux.

Conditions de travail difficiles

Remonter à la source de l’épidémie constitue un véritable défi notamment sur le plan logistique, indique M. Rouquet. Il est très difficile d’accéder au site au cœur des forets, là où l’on peut trouver les premiers cas.

La confrontation avec la population est une autre difficulté de taille. Les équipes médicales n’y sont pas toujours bien accueillies. « Des équipes de l’OMS ont dû partir de la zone parce que la population était très hostile », poursuit Pierre Rouquet. Il s’agit de population qui ne connaît pas « le processus biologique d’une maladie ». Pour eux, la cause de la maladie est souvent liée au mauvais sort jeté par les étrangers, venus d’autres villages ou d’ailleurs dans le pays.  

En ce qui concerne l’actuelle épidémie dans certains pays en Afrique, M.Rouquet se dit relativement optimiste pour les pays occidentaux, où les populations sont plus réceptives et où les traitements ont beaucoup évolué.

Filed Under: Actualité

About the Author:

FluxComments (0)

Trackback URL

Leave a Reply




If you want a picture to show with your comment, go get a Gravatar.


2 × sept =